Fêtes Historiques du Festin

Site officiel des Fêtes Historiques du Festin à Lessines

Origines de la franche-foire

Tout comme le marché hebdomadaire, la foire annuelle existe, selon la formule consacrée, de toute ancienneté et de temps immémoriaux. Connue à l’origine comme «fieste francque à warder le jour de la Saint-Mathieu», soit le 21 septembre, elle était le rendez-vous des commerçants nomades.

En 1453, Philippe le Bon, Duc de Bourgogne, confirme l’octroi fait par ses prédécesseurs aux Bourgeois de la Ville. Il étend même ce privilège en permettant aux marchands de se rendre et de séjourner à l’intérieur des remparts à cette occasion sans qu’on puisse les arrêter pour nul méfait ou nulle dette, sauf pour délit envers le souverain ou dettes contractées dans le cadre de la foire.

Afin de signaler les droits de franchise dont bénéficiait ainsi la foire, l’usage était de dresser, sur la place publique où elle se tenait, une perche surmontée d’un aigle. A Lessines, ce privilège pouvait être invoqué durant sept jours, soit trois avant l’ouverture de la foire et trois après sa clôture.

En date du 10 septembre 1565, une nouvelle confirmation des foires et marchés francs est accordée par Philippe II, Roi d’Espagne. La franche foire annuelle se tenait alors la veille du dimanche qui précède la Saint-Mathieu.

Quelques temps après, elle est transférée au vendredi qui suit la Saint-Jean-Décollé, vers la fin du mois d’août.

Les Halles constituaient le plus ancien bâtiment civil de la Ville; leur représentation figurait déjà au 13ème siècle dans le « Vieil Rentier » des Sires d’Audenarde. C’est là que se faisait l’étalage de la Saint Mathieu. Elles servirent également de maison échevinale jusqu’à leur cession définitive à la commune par le Comte de Hainaut, au 14ème siècle. Ce dernier s’était cependant réservé une partie du droit d’étalage, qu’il continua de percevoir sur les marchés hebdomadaires, qui avaient remplacé les halles permanentes, transformées en hôtel de ville et réaffectées en partie au logement des Lombards. Le bâtiment fut détruit par un incendie en 1516 et reconstruit l’année suivante dans un style plus monumental. Il comportait alors un beffroi à toiture renflée, en forme de bulbe, que rappelle l’hôtel de ville actuel, datant de 1889.

Par décret du 17 octobre 1755, l’Impératrice Marie-Thérèse ratifia les octrois de 1453 et de 1565 et approuva les modifications de dates sollicitées par les autorités communales. Dès ce moment, deux foires annuelles furent organisées, à savoir le 18 avril et le 17 octobre.

Ce nouveau calendrier resta en vigueur jusqu’au 30 vendémiaire, an XII, soit le 22 octobre 1804, date à laquelle le Gouvernement français donna son accord pour une nouvelle modification. Trois foires annuelles furent ainsi organisées, à savoir, le mardi suivant le quatrième dimanche après Pâques, la mardi suivant le deuxième dimanche d’août et le mardi de la Laetare.

Vers la fin du 19ème siècle, les foires annuelles disparurent progressivement, si bien qu’en 1906, un historien local pouvait affirmer qu’elles n’existaient plus que sur papier.

Depuis 1983, la Franche Foire annuelle se déroule à nouveau chaque année sur le Parvis Saint-Pierre et dans le cadre de l’Hôpital Notre-Dame à la Rose sous la forme d’une rencontre artisanale, destinée à recréer l’atmosphère des grands marchés populaires du 16ème siècle.

La Franche Foire actuelle s’ouvre ainsi au public, chaque année, les premiers samedi et dimanche de septembre. Illustrant à la fois les techniques traditionnelles et la création contemporaine, les participants endossent pour l’occasion un costume d’époque et viennent travailler devant le public.

Un prix spécial est décerné à l’artisan qui s’est particulièrement distingué par la qualité de son travail par le Collège des Bourgmestre et Echevins, accompagné dans sa visite, par une délégation du Conseil communal. Un second prix est également décerné par l’ASBL Fêtes Historiques du Festin 1583, de manière à récompenser la fidélité des participants